Quelle est ma capacité d'emprunt réelle ?+
Les banques appliquent la recommandation du Haut Conseil de stabilité financière : un taux d'effort maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise, sur une durée qui ne dépasse généralement pas 25 ans. Une marge de flexibilité leur permet d'y déroger pour une part limitée de leur production, principalement au bénéfice des primo-accédants. Mais ce plafond réglementaire n'est pas votre capacité réelle : celle-ci dépend aussi de votre reste à vivre, de la stabilité de vos revenus et des projets que la mensualité viendrait rendre impossibles.
Quel apport personnel faut-il prévoir ?+
En pratique, les banques attendent que l'apport couvre au minimum les frais annexes, soit de l'ordre de 10 % du prix dans l'ancien : droits de mutation d'environ 7 à 8 %, frais de garantie et frais de dossier. Dans le neuf, ces frais tombent à environ 2 à 3 %. Un apport plus important améliore le taux et rassure la banque, mais il ne faut pas y consacrer toute son épargne : conserver une réserve de précaution de plusieurs mois de charges fait partie de la solidité du dossier.
Vaut-il mieux acheter sa résidence principale ou investir ?+
Cela dépend d'abord de votre horizon. En dessous de cinq à sept ans de détention, les frais d'acquisition et les intérêts de début de prêt sont rarement amortis, et la location reste souvent plus rationnelle financièrement. Au-delà, l'achat devient généralement pertinent. L'autre paramètre est la mobilité : un achat immobilise et réduit fortement la capacité d'emprunt pour d'autres projets. Certains profils gagnent à rester locataires et à investir en parallèle, mais c'est un choix qui suppose une vraie discipline d'épargne.
Peut-on encore recevoir une donation exonérée pour acheter ?+
Oui, jusqu'au 31 décembre 2026. Un dispositif temporaire permet de recevoir jusqu'à 100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire, en franchise totale de droits, à condition d'affecter les fonds dans les six mois à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale. Le bien doit ensuite être conservé et occupé comme résidence principale pendant cinq ans, la location à un tiers restant possible sauf pour la voie travaux. Attention, seuls le neuf et la VEFA sont éligibles pour la voie acquisition : l'ancien en est exclu. Ce dispositif se cumule avec l'abattement classique de 100 000 € par parent et par enfant.
Pourquoi l'assurance emprunteur mérite-t-elle autant d'attention que le taux ?+
Parce qu'elle peut représenter une part très significative du coût total du crédit, en particulier lorsque les taux sont bas ou que les emprunteurs sont jeunes. Depuis la loi Lemoine de février 2022, vous pouvez changer d'assurance à tout moment, sans frais ni pénalité, à garanties au moins équivalentes. Les économies constatées vont fréquemment de 30 à 50 %. C'est le levier le plus rapide et le plus certain d'un dossier de financement, et il reste largement sous-utilisé.
Faut-il acheter en indivision, en SCI ou seul ?+
Pour une résidence principale, l'indivision est la solution la plus simple et la plus fréquente, avec des quotes-parts ajustées aux apports respectifs. La SCI est rarement adaptée à la résidence principale d'un couple, car elle fait perdre certains avantages propres à ce statut. En revanche, pour un couple non marié, la répartition des quotes-parts, une convention d'indivision et surtout une protection croisée par testament ou assurance-vie sont indispensables : sans elles, le survivant peut se retrouver copropriétaire avec la famille du défunt.