Le point de départ
Ce que coûte le fait de ne rien faire
La transmission est le seul sujet patrimonial où l'attentisme a un prix affiché, connu à l'avance, et qui augmente avec la valeur de ce que vous avez construit.
En ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants, les droits de succession suivent un barème progressif qui va de 5 % à 45 %. Après application de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, la tranche à 20 % couvre la très grande majorité des successions courantes. Au-delà d'environ 552 000 € reçus par enfant, on passe à 30 %, puis à 40 % et 45 % pour les patrimoines importants.
Hors ligne directe, l'addition devient brutale :
- Frères et sœurs : abattement de 15 932 €, puis 35 % et 45 %.
- Neveux et nièces : abattement de 7 967 €, puis un taux unique de 55 %.
- Concubin, ami, filleul : abattement de 1 594 €, puis 60 %. Autrement dit, transmettre 100 000 € à son concubin sans rien avoir préparé laisse environ 40 000 € au bénéficiaire.
Deux exceptions qu'il faut connaître
Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Attention toutefois : le partenaire de PACS n'est pas héritier légal. Sans testament, il ne reçoit rien du tout, même après trente ans de vie commune. L'exonération ne sert alors à rien, puisqu'il n'y a rien à exonérer.
Il faut enfin composer avec la réserve héréditaire : vos enfants ont droit à une part incompressible de votre patrimoine, la moitié avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants, les trois quarts à partir de trois. Seule la fraction restante, la quotité disponible, se transmet librement. Toute stratégie qui ignore cette contrainte se fera rattraper au règlement de la succession.
À saisir avant le 31 décembre 2026
La fenêtre des 100 000 € pour la résidence principale
C'est une exonération temporaire, distincte de tout ce qui précède et cumulable avec les abattements classiques. Elle se referme à la fin de l'année prochaine.
Instaurée par la loi de finances pour 2025, elle permet de donner de l'argent en franchise totale de droits à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant, et à défaut de descendance à un neveu ou une nièce, à condition que les fonds soient affectés à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique de sa résidence principale.
Montant
100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire, tous donateurs confondus.
Bénéficiaires
Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. À défaut de descendance, neveux et nièces.
Emploi des fonds
Acquisition d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement — l'ancien est exclu — ou travaux de rénovation énergétique de la résidence principale, éligibles à MaPrimeRénov'.
Délai de réemploi
Six mois à compter du versement. C'est court : la donation doit être coordonnée avec le calendrier du projet immobilier.
Engagement
Conservation et occupation comme résidence principale pendant cinq ans. La location à un tiers comme résidence principale reste possible, sauf si les fonds ont financé des travaux de rénovation énergétique. La location à un membre du foyer fiscal du donataire est exclue.
Période
Versements réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026. Aucune prorogation n'est annoncée à ce jour.
Cumul
S'ajoute à l'abattement de 100 000 € de droit commun et au don familial de 31 865 €.
Concrètement
Un couple qui aide son enfant à acheter peut, en combinant les trois dispositifs, transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros sans le moindre droit de donation. Mais le délai de six mois impose de synchroniser la donation avec le compromis, pas de donner « au cas où ».
Si un projet d'achat existe dans votre famille pour 2026 ou 2027, c'est le sujet à traiter en priorité. Nous avons publié l'analyse complète de ce dispositif : conditions détaillées, cumuls et calendrier.