Objectif de vie

Transmettre mon patrimoine

Une succession non préparée se règle toujours, mais elle se règle selon la loi et selon le barème fiscal, pas selon vos intentions. Organiser la transmission, c'est décider soi-même qui reçoit quoi, quand, et à quel coût, plutôt que de laisser ces trois réponses à un notaire et à l'administration.

100 000 €par parent et par enfant, tous les 15 ans
152 500 €par bénéficiaire en assurance-vie
31/12/2026fin d'une fenêtre exceptionnelle
Le point de départ

Ce que coûte le fait de ne rien faire

La transmission est le seul sujet patrimonial où l'attentisme a un prix affiché, connu à l'avance, et qui augmente avec la valeur de ce que vous avez construit.

En ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants, les droits de succession suivent un barème progressif qui va de 5 % à 45 %. Après application de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, la tranche à 20 % couvre la très grande majorité des successions courantes. Au-delà d'environ 552 000 € reçus par enfant, on passe à 30 %, puis à 40 % et 45 % pour les patrimoines importants.

Hors ligne directe, l'addition devient brutale :

  • Frères et sœurs : abattement de 15 932 €, puis 35 % et 45 %.
  • Neveux et nièces : abattement de 7 967 €, puis un taux unique de 55 %.
  • Concubin, ami, filleul : abattement de 1 594 €, puis 60 %. Autrement dit, transmettre 100 000 € à son concubin sans rien avoir préparé laisse environ 40 000 € au bénéficiaire.

Deux exceptions qu'il faut connaître

Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Attention toutefois : le partenaire de PACS n'est pas héritier légal. Sans testament, il ne reçoit rien du tout, même après trente ans de vie commune. L'exonération ne sert alors à rien, puisqu'il n'y a rien à exonérer.

Il faut enfin composer avec la réserve héréditaire : vos enfants ont droit à une part incompressible de votre patrimoine, la moitié avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants, les trois quarts à partir de trois. Seule la fraction restante, la quotité disponible, se transmet librement. Toute stratégie qui ignore cette contrainte se fera rattraper au règlement de la succession.

Avant d'aller chez le notaire

Les six questions à trancher

Ce sont elles qui déterminent le montage, et pas l'inverse. Un outil choisi avant d'avoir répondu à ces questions est presque toujours le mauvais outil.

1

De quoi aurez-vous besoin jusqu'au bout ?C'est le vrai frein à la donation, et il est légitime. Il conditionne la part que vous pouvez donner en pleine propriété et celle qu'il faut démembrer.

2

Votre conjoint est-il protégé ?Régime matrimonial, donation au dernier vivant, clause bénéficiaire : le conjoint survivant n'a pas automatiquement les moyens de rester dans le logement familial.

3

Vos enfants ont-ils les mêmes besoins ?Équité n'est pas égalité. Un enfant installé, un enfant en difficulté, un enfant qui reprend l'entreprise : les traiter identiquement crée parfois plus d'injustice que de les traiter différemment.

4

Y a-t-il une famille recomposée ?Enfants d'une première union, beaux-enfants sans lien juridique, partenaire de PACS : c'est la configuration où l'absence de préparation produit les dégâts les plus lourds.

5

Votre patrimoine est-il liquide ?Une succession composée d'immobilier et de parts de société oblige souvent les héritiers à vendre pour payer les droits. Prévoir la liquidité fait partie de la transmission.

6

Avez-vous une entreprise à transmettre ?C'est un sujet à part entière, qui se prépare plusieurs années à l'avance et qui commande souvent le reste du schéma.

Les outils

Les six leviers, et ce qu'ils permettent vraiment

Ils se combinent. Une stratégie de transmission aboutie en utilise presque toujours trois ou quatre, articulés dans le temps.

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01

La donation en pleine propriété

100 000 € par parent et par enfant, en franchise totale de droits, et l'abattement se reconstitue tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants transmet ainsi 400 000 € sans droits, puis 400 000 € de nouveau quinze ans plus tard. Commencer tôt est donc mécaniquement décisif : une donation à 55 ans permet deux, voire trois passages en franchise.

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02

Le don familial de sommes d'argent

Un abattement supplémentaire de 31 865 €, cumulable avec le précédent et rechargeable lui aussi tous les 15 ans. Conditions : le donateur doit avoir moins de 80 ans, le bénéficiaire être majeur, et il doit s'agir d'argent, pas d'un bien. Pour les petits-enfants, l'abattement de droit commun est de 31 865 € par grand-parent, auquel ce don peut s'ajouter.

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03

Le démembrement de propriété

Vous donnez la nue-propriété et conservez l'usufruit, donc l'usage du bien et ses revenus jusqu'à votre décès. Les droits ne portent que sur la valeur de la nue-propriété, calculée selon votre âge : environ 70 % de la valeur du bien entre 61 et 70 ans, 80 % entre 71 et 80 ans. Au décès, l'usufruit s'éteint et vos enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit supplémentaire.

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04

L'assurance-vie

Le seul outil qui transmet hors succession : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà. C'est aussi le seul moyen de transmettre confortablement à un partenaire de PACS, un concubin, un filleul ou un neveu, qui subiraient sinon 55 % ou 60 % de droits. La clause bénéficiaire mérite d'être rédigée sur mesure, jamais en cochant une case.

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05

La donation-partage

Elle répartit les biens entre les héritiers de votre vivant et, surtout, elle fige leur valeur au jour de l'acte. Dans une donation simple, les biens sont réévalués au décès : l'enfant qui a reçu l'appartement qui a triplé devra compenser les autres. Avec une donation-partage acceptée par tous, cette réévaluation n'a pas lieu. C'est l'outil anti-conflit par excellence, et il reste très largement sous-utilisé.

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06

Le pacte Dutreil

Pour l'entreprise : exonération de 75 % de la valeur des titres transmis, en contrepartie d'un engagement collectif de conservation d'au moins deux ans, d'un engagement individuel de quatre ans, et de l'exercice d'une fonction de direction. Combiné à une donation en nue-propriété, il réduit la base taxable dans des proportions considérables. Montage exigeant sur la forme, à préparer plusieurs années à l'avance.

À saisir avant le 31 décembre 2026

La fenêtre des 100 000 € pour la résidence principale

C'est une exonération temporaire, distincte de tout ce qui précède et cumulable avec les abattements classiques. Elle se referme à la fin de l'année prochaine.

Instaurée par la loi de finances pour 2025, elle permet de donner de l'argent en franchise totale de droits à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant, et à défaut de descendance à un neveu ou une nièce, à condition que les fonds soient affectés à l'acquisition d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique de sa résidence principale.

Montant
100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire, tous donateurs confondus.
Bénéficiaires
Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. À défaut de descendance, neveux et nièces.
Emploi des fonds
Acquisition d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement — l'ancien est exclu — ou travaux de rénovation énergétique de la résidence principale, éligibles à MaPrimeRénov'.
Délai de réemploi
Six mois à compter du versement. C'est court : la donation doit être coordonnée avec le calendrier du projet immobilier.
Engagement
Conservation et occupation comme résidence principale pendant cinq ans. La location à un tiers comme résidence principale reste possible, sauf si les fonds ont financé des travaux de rénovation énergétique. La location à un membre du foyer fiscal du donataire est exclue.
Période
Versements réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026. Aucune prorogation n'est annoncée à ce jour.
Cumul
S'ajoute à l'abattement de 100 000 € de droit commun et au don familial de 31 865 €.

Concrètement

Un couple qui aide son enfant à acheter peut, en combinant les trois dispositifs, transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros sans le moindre droit de donation. Mais le délai de six mois impose de synchroniser la donation avec le compromis, pas de donner « au cas où ».

Si un projet d'achat existe dans votre famille pour 2026 ou 2027, c'est le sujet à traiter en priorité. Nous avons publié l'analyse complète de ce dispositif : conditions détaillées, cumuls et calendrier.

La méthode

Comment nous procédons

La transmission est le sujet où le conseil patrimonial et le notaire travaillent le plus étroitement ensemble. Mon rôle est de préparer et de chiffrer, le sien est d'instrumenter.

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01

Chiffrer la facture actuelle

Nous simulons ce que coûterait votre succession si elle s'ouvrait demain, héritier par héritier. C'est presque toujours ce chiffre qui déclenche la décision, parce qu'il est plus élevé que ce que les gens imaginent.

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02

Cartographier la famille

Régime matrimonial, unions antérieures, enfants communs et non communs, partenaires non mariés, personnes vulnérables. C'est la structure familiale qui dicte le schéma, avant toute considération fiscale.

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03

Construire le schéma

Nous combinons les leviers et nous les échelonnons dans le temps pour exploiter les rechargements d'abattement. Chaque étape est chiffrée, et nous vérifions à chaque fois que vous conservez les revenus dont vous aurez besoin.

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04

Instrumenter et suivre

Le notaire rédige les actes, je rédige les clauses bénéficiaires et j'assure le suivi. Un point est refait à chaque événement familial : mariage, naissance, divorce, décès, cession d'entreprise.

Questions fréquentes

Vos questions sur la transmission

Combien puis-je donner à mon enfant sans droits ?+
Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant en franchise de droits, et cet abattement se reconstitue tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants peut donc transmettre 400 000 € tous les 15 ans sans aucun droit. S'y ajoute le don familial de sommes d'argent de 31 865 €, cumulable, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans. Pour les petits-enfants, l'abattement est de 31 865 € par grand-parent.
Faut-il donner de son vivant ou laisser la succession se faire ?+
Donner de son vivant présente trois avantages que la succession ne procure jamais : vous purgez la valeur du bien au jour de la donation, donc la plus-value future échappe aux droits ; vous rechargez l'abattement tous les 15 ans, ce qui multiplie les passages en franchise ; et vous choisissez qui reçoit quoi, au lieu de laisser le partage se régler entre héritiers. Le seul vrai frein est de donner ce dont on aura besoin plus tard, et c'est précisément ce que le démembrement permet d'éviter.
L'assurance-vie échappe-t-elle vraiment à la succession ?+
Pour les primes versées avant 70 ans, oui : les capitaux sont transmis hors succession aux bénéficiaires désignés, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, le régime change : un abattement global de 30 500 € s'applique à l'ensemble des primes, tous contrats et tous bénéficiaires confondus, mais les gains produits restent exonérés. D'où l'intérêt d'alimenter ses contrats avant cet anniversaire.
La fiscalité de l'assurance-vie va-t-elle changer ?+
Elle est régulièrement discutée, mais elle n'a pas changé. Un amendement visant à créer une transmission anticipée défiscalisée a été voté par l'Assemblée nationale en première lecture le 3 novembre 2025, avant d'être écarté du texte final du budget 2026 adopté en février 2026. Une mesure comparable avait déjà échoué lors du budget précédent. À ce jour, les abattements de 152 500 € et de 30 500 € restent inchangés. C'est une raison de plus pour ne pas repousser indéfiniment les versements : la règle d'aujourd'hui est connue, celle de demain ne l'est pas.
Qu'est-ce qu'une donation-partage et pourquoi est-elle utile ?+
La donation-partage répartit les biens entre les héritiers du vivant du donateur, et surtout elle fige leur valeur au jour de l'acte. Dans une donation simple, les biens sont réévalués au décès : l'enfant qui a reçu un appartement qui a triplé devra compenser ses frères et sœurs. Avec une donation-partage acceptée par tous, cette réévaluation n'a pas lieu. C'est l'outil le plus efficace pour éviter les conflits familiaux, et il est très largement sous-utilisé.
Comment transmettre mon entreprise sans écraser mes enfants de droits ?+
Le pacte Dutreil permet d'exonérer 75 % de la valeur des titres transmis, en contrepartie d'engagements de conservation : un engagement collectif d'au moins deux ans, puis un engagement individuel de quatre ans pour chaque héritier ou donataire, et l'exercice d'une fonction de direction. Combiné à une donation en nue-propriété, il fait tomber la base taxable très fortement. C'est un montage exigeant sur la forme, qui se prépare plusieurs années à l'avance avec votre notaire et votre expert-comptable.
Échangeons

Combien coûterait votre succession demain ?

C'est le premier chiffre que nous posons ensemble, héritier par héritier. La suite consiste simplement à le faire baisser, dans le respect de vos intentions. En cabinet à Paris 16ᵉ ou en visioconférence.